Les États-Unis et leurs alliés activent le TIAR contre le Venezuela

Le Gouvernement étasunien et ses alliés à l’Organisation des Etats Américains (OEA) ont activé le Traité Inter-américain d’Assistance Réciproque (TIAR) qui « facilite plus d’actions collectives » contre le Venezuela. « Nous espérons nous rassembler avec des partenaires régionaux pour discuter des options économiques et politiques multilatérales que nous pouvons employer contre la menace envers la sécurité de la région que représente (Nicolás) Maduro, » peut-on lire dans le communiqué diffusé mardi par le Département d’Etat étasunien.

Le chancelier vénézuélien, Jorge Arreaza, a répondu : « Par ce communiqué, Washington non seulement porte atteinte à la Table Nationale de Dialogue mais se reconnaît comme l’auteur principal de la menace de l’utilisation de la force contre le Venezuela, et viole ainsi ouvertement la Charte de l’ ONU en invoquant le TIAR. »

Il a aussi signalé : « Le Gouvernement des Etats-Unis démontre à nouveau son caractère belliciste en sous-estimant les processus de dialogue politique qui se déroulent de façon souveraine au Venezuela. Pour le Gouvernement Trump, la paix et la compréhension sont de mauvaises nouvelles. »

Le détonateur de cette décision, selon Washington, a été le dialogue engagé par le président Maduro avec un secteur de l’opposition vénézuélienne que la Maison Blanche qualifie de « petit groupe marginal de politiciens. »

Lundi dernier, le Gouvernement et un secteur de l’opposition modérée ont signé un accord dans lequel, entre autres décisions, ils s’engagent à intégrer le groupe chaviste au sein de l’Assemblée Nationale (AN).

Selon les Etats-Unis, le groupe qui a signé l’accord avec le Gouvernement a « déformé » « l’opposition démocratique » qui, pour la Maison Blanche, est représentée par le député Juan Guaidó, qui s’est autoproclamé en janvier dernier « président par interim » du Venezuela.

« Les Etats-Unis continuent à soutenir Juan Guaidó, le président de l’Assemblée Nationale et le présidant légitime par interim du Venezuela. Toute négociation sérieuse devrait se faire entre l’ancien régime et le  président par interim Guaidó, » dit Washington dans son communiqué, émis quelques heures après qu’aient été prises les nouvelles sanctions contre 16 entreprises et 3 particuliers soi-disant liés au Gouvernement vénézuélien.

Qu’implique le TIAR?

Parmi les mesures destinées à sanctionner le pays qui font partie du traité se trouvent la rupture des relations diplomatiques, l’interruption partielle ou totale des relations économiques et des communications et l’utilisation de la force armée.

La semaine dernière, 12 pays ont voté en faveur de la convocation de l’Organe de Consultation du Traité Inter-américain d’Assistance Réciproque (TIAR).

L’étape suivante, selon le document fondateur, est une réunion « sans délai » qui était prévue pour la seconde quinzaine de septembre, de l’Organe de Consultation pour examiner les mesures à prendre et « décider celles de caractère collectif qu’il convient d’adopter » pour aborder le problème de la « crise » au Venezuela qui est considérée comme une « menace pour al région » par les Gouvernements qui ne reconnaissent pas Nicolás Maduro comme président légitime du pays.

Pourquoi le Venezuela ne reconnaît pas le Traité

Le Venezuela a rejeté l’activation de ce mécanisme parce qu’il a dénoncé le Traité en 2013. Des mois plus tard, dans une manœuvre considérée comme « nulle et non avenue » par le Tribunal Suprême de Justice du Venezuela (TSJ), Guaidó a voté une motion à l’Assemblée Nationale pour demander l’intégration de Caracas et stimuler cette mesure coercitive au sein de l’OEA. 

De plus, le Venezuela a rendu effectif son départ de l’OEA en avril de cette année mais plusieurs Gouvernements de ce qu’on appelle le « Groupe de Lima», qui ne reconnaissent pas Nicolás Maduro comme président légitime ont essayé de ne pas tenir compte de la décision de Caracas et de continuer à mettre en place des protocoles au sein de l’organisme inter-américain en reconnaissant Guaidó comme interlocuteur.

Que dit le Venezuela ?

Lundi, le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino López, a déclaré que la Force Armée Nationale Bolivarienne (FANB) rejette l’application « fallacieuse et nulle » du Traité par laquelle « on cherche à légaliser une intervention militaire » contre le Venezuela.

Padrino a lu un communiqué dans lequel on affirme que la convocation de l’Organe de Consultation de c eTraité, approuvée la semaine dernière, est une « provocation irrationnelle » cont le « but est de renverser le Gouvernement » de Maduro.

Le Gouvernement vénézuélien a signalé que le groupe de pays qui est derrière l’activation de l’organe de consultation du TIAR est « aligné sur les intérêts des Etats-Unis » et a réaffirmé son rejet de ce traité pour être, à son avis, un « instrument impérial nocif de l’histoire » du continent. 

Quels autres pays sont contre ?

Les représentants de l’Uruguay, du Mexique, de la Bolivie et de la Barbade ont rejeté l’application du TIAR au Conseil Permanent de l’OEA.

L’Uruguay a qualifié cette convocation de « manquant de validité juridique » et a critiqué l’utilisation du traité pour faire face à des problèmes de politique intérieure. » Pour Montevideo, l’utilisation de ce traité « ouvrirait la voie à intervention d’un Etat contre un autre. »

Le Mexique, pour sa part, a qualifié de « retour en arrière » l’invocation de ce traité qu’il a qualifié « d’obsolète » et il a ajouté qu’il n’y a pas eu « d’explication importante » sur les raisons qu’il y a pour envisager son activation.

La Bolivie a exprimé son désaccord et a quitté la session alors que la Barbade ont déclaré que « le pire qui pourrait arriver » à l’hémisphère « est une menace d’intervention. »

Albaciudad / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos