Contre-offensive des États-Unis pour reprendre le contrôle de l’Amérique latine

Atilio Borón, sociologue et analyste de la politique internationale à propos du contexte régional que vit aujourd’hui l’Amérique latine : « On assiste a une très forte contre-offensive des Etats-Unis pour reprendre le contrôle de l’Amérique latine… »

Comment voyez-vous cette vague d’extrême droite s’élever au niveau régional ?

« On assiste à une puissante contre-offensive nord-américaine pour reprendre le contrôle de l’Amérique latine, ils ont investi énormément d’argent dans les campagnes électorales. Le triomphe de Bolsonaro au Brésil est dû à la technologie de Big Data, décisive pour obtenir les votes nécessaires, combinée à la mise en prison de Lula, sans quoi il aurait perdu. Ils manipulent également des juges et des procureurs en Amérique latine ».

« Il nous faut comprendre que le coup d’État contre la Bolivie a été mené parce qu’ils ne voulaient plus d’un Evo qui nationalisait une ressource absolument stratégique pour l’industrie américaine comme le lithium. L’Amérique latine est la région la plus riche en ressources naturelles du monde, avec le Venezuela, qui possède la plus grande réserve de pétrole au monde et la Bolivie qui possède la plus grande réserve de lithium au monde. »

« Il est évident que les États-Unis et un groupe de dirigeants veulent mettre fin à ces processus d’autodétermination nationale qui se sont développés en Amérique latine depuis le début de ce siècle. Avec des coups bas, des emprisonnements sélectifs, ou avec des coups d’État traditionnels, militaire, classique, comme cela a été fait en Bolivie, tuant des gens et terrorisant la population ».

Comment voyez-vous la stratégie régionale d’Alberto Fernández ?

« L’Argentine est un très grand pays, qui détient beaucoup de ressources, un fort rayonnement international. Le fait que l’Uruguay change de cap politique ne va pas modifier l’ampèremètre de la politique étrangère qu’Alberto Fernández a déjà prévu. »

« De toute évidence, l’alliance qu’il a conclue avec López Obrador est très forte. Je crois que la réorientation du cours de la politique étrangère promise par Alberto va se poursuivre malgré les changements qui pourraient avoir lieu en Uruguay ».

Radiocaput / traduction : venesol