Les Etats-Unis de l’ère Trump, rééditent l’opération Condor au XXIe siècle

Pour l’analyste Ben Norton, le locataire de la Maison-Blanche, qui se représentera aux élections de 2020, est déterminé à mettre fin au socialisme.

Collage de Eric Ziminsky

Le président américain Donald Trump, après avoir participé au coup d’État en Bolivie, a renforcé les sanctions contre le gouvernement de gauche du Nicaragua et pointe maintenant du doigt le Mexique, ce qui amène la gauche latino-américaine à se mettre en garde contre la renaissance de l’opération Condor au XXIe siècle.

En accord avec l’histoire des États-Unis qui a cherché à effacer tout foyer opposé à son idéologie, Trump a répété à plusieurs reprises qu’il cherche à éradiquer le socialisme dans le monde, en particulier sur le continent américain.

Le journaliste, cinéaste et écrivain américain Ben Norton, dans un article publié sur le site web thegrayzone, a déclaré que l’opération Condor « est réactivée avec la mise en œuvre de nouveaux mécanismes de sabotage et de subversion ».

Qu’est-ce que l’opération Condor ?

Esperanza Martínez, sénatrice socialiste du Front Guasú au Paraguay, a déclaré sur son compte Twitter le 24 novembre : « Aujourd’hui plus personne n’en doute. Il existe une nouvelle opération Condor en Amérique latine : coups d’État parlementaires, guerres judiciaires contre l’opposition, présidents autoproclamés, coups d’État militaires, répressions, prisons et assassinats, et fanatisme religieux ».

Dans les années 1970, les gouvernements militaires et d’extrême droite d’Argentine, du Brésil, de la Bolivie, du Chili, du Paraguay et de l’Uruguay, en collaboration avec la CIA des États-Unis, ont coordonné des actions visant à liquider les militants de la gauche. Selon les archives officielles du Paraguay, l’opération Condor a fait 50.000 morts, 30.000 disparus et quelque 400.000 prisonniers dans tous ces pays.

Une opération Condor 2.0 au 21e siècle ?

Pour Norton, la réédition de l’opération Condor est évidente après avoir analysé la participation des États-Unis au coup d’État que l’extrême droite a organisé contre Evo Morales.

Après le coup d’État en Bolivie, les États-Unis ont décrit le Nicaragua comme une « menace pour la sécurité nationale » et ont annoncé de nouvelles sanctions contre le gouvernement de gauche de Daniel Ortega, qui avait résisté à une tentative de coup d’État de la droite en 2018. Norton souligne encore qu’un jour plus tard, Trump a qualifié les cartels de la drogue du Mexique comme « terroristes » et a refusé d’exclure toute intervention militaire.

Cette décision a été prise comme une forme de pression contre le président mexicain Andrés Manuel López Obrador, qui, au cours de sa première année au pouvoir, a promu des plans pour mettre fin à la pauvreté, réduire le fossé social, combattre la corruption et mettre fin aux groupes mafieux qui monopolisent le pouvoir.

Andrés Manuel (@lopezobrador_) 27 novembre 2019 : « Parce que nous respectons la souveraineté des autres nations, nous demandons que l’indépendance du Mexique soit respectée. » Conférence du matin. https://t.co/0eO4HpiRI6

Pour Norton, la qualification de « terroristes » attribuée aux cartels de la drogue « pourrait ouvrir la voie à une intervention militaire directe des États-Unis au Mexique » car « Pour Washington, un Mexique indépendant de gauche est intolérable ».

Trump et le socialisme

Le journaliste a rappelé que dans un discours prononcé devant des Vénézuéliens de droite à Miami en février dernier, Trump a déclaré : « Les jours du socialisme et du communisme sont comptés pas seulement au Venezuela, mais aussi au Nicaragua et à Cuba ».

TeleSur / traduction : Venesol