Bolivie, le démantèlement de l’État

Le Gouvernement de facto en Bolivie, instauré uniquement pour organiser de nouvelles élections et obtenir la « pacification » du pays mène à bien une série de mesures qui ont pour but le démantèlement de l’État Plurinational.

Avec la Bible, ils sont entrés au Palais du Gouvernement le fascisme et la mort. Enrique Dussel dit très justement que la croix est le symbole de la mort et les paroles du charpentier de Nazareth qui, dans Mathieu 23:27 dit : « Ah, vous, maîtres de la loi et pharisiens, hypocrites ! Qui êtes comme des sépulcres blanchis. Au dehors, vous semblez beaux mais en dedans, vous êtes pleins d’os de morts et de pourriture. 28 Ainsi, vous aussi, au-dehors, vous donnez l’impression d’être justes mais au-dedans, vous êtes pleins d’hypocrisie et de méchanceté. »

L’hypocrisie et la méchanceté se manifestent dans toutes les déclarations des ministres, dans l’utilisation du mot « sédition » qui aujourd’hui est synonyme de « partisan du MAS » qui serait le diable, la méchanceté. La lecture religieuse qui a couvert le langage fasciste pervers n’a pas pu rester cachée et se manifeste toute crue quand on fait des listes de « coupables, » quand on arrête des gens en toute illégalité et que la présomption d’innocence a été jetée aux ordures. L’hypocrisie se manifeste quand is déclarent tous les jours que leur unique mission est d’organiser des élections alors qu’ils démantèlent le modèle économique en utilisant des artifices de langage pour démontrer que la gestion de l’économie « pendant 13 ans » a été désastreuse, quand toutes les instances internationales y compris la Banque Mondiale ont accepté la bonne gestion et la croissance économique mises en place par Evo Morales.

Aujourd’hui, ils essaient de « prouver » ce que, pendant 13 ans, ils ont prêché : « Les Indiens ne peuvent pas gouverner. » a quelques jours de l’instauration de leur Gouvernement de fait, ils ont déjà renoué des relations aves leurs maîtres du Nord. La présidente de fait se montre très fière aux côtés de son nouvel ambassadeur aux Etats-Unis et d’autre part, rompt les relations avec Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, envoyant un message très clair disant qu’il n’y a pas de démocratie dans les relations internationales si on ne s’allie pas avec les Etats-Unis.

Le démantèlement du modèle économique a commencé avec la paralysie des projets qui étaient destinés à donner une soutenabilité aux politiques sociales. Après est venu le discours de la carence de ressources pour toute la politique sociale qui est un élément central de la justice sociale et reproduit le schéma argentin. Ils ne s’occupent pas des détails, le ministre du Gouvernement déclare ouvertement qu’il va « faire la chasse » aux partisans du MAS et cette déclaration ne surprend personne, la presse alliée de la stratégie de coup d’Etat se tait.

La chasse  aux partisans du MAS n’a de limite ni dans le temps ni dans l’espace : toutes les autorités locales sont obligées à démissionner grâce à l’utilisation de la terreur fasciste comme aux plus beaux temps des coups d’Etat militaires. Des gouverneurs et des maires élus démocratiquement et avec des indices élevés de satisfaction parmi le peuple sont arrêtés « préventivement » tandis que la cuisine des arguties légales se réalise pour qu’ils soient jugés.

La terreur s’est emparée des consciences et des parlementaires qualifiés de révolutionnaires facilitent le renforcement du projet de coup d’Etat. La dignité révolutionnaire s’est rendue face à l’absence de force idéologique. La croix, synonyme de mort menace comme en 1492, tous les peuple originaires et toutes les consciences libres et démocratiques qui avaient forgé un État différent, un État de vérité et pas un faux État qui est de retour.

Ils ne sont pas venus pour la démocratie, ils ne sont pas venus avec le message de paix des véritables chrétiens, ils sont venus avec le discours des pharisiens hypocrites pour mettre fin à un État laïque et qui faisait ses premiers pas pour devenir un État Plurinational. Comme dans tout projet fasciste, il y a des signes visibles : ils s’entourent d’indigènes, disent respecter la whipala que quelques heures plus tôt ils avaient ordonné de brûler pour donner une leçon publique. Les fantômes du Palais Brûlé ont été libérés pour amener la terreur dans tous les foyers des Boliviens qui ont rêvé d’un pays juste, inter-culturel et révolutionnaire.

Camilo Katari, est un écrivain et un historien de Potosi / Resumen Latinoamericano / traduction Françoise Lopez pour Bolivar Infos