Mon Laferte menacée pour avoir dénoncé la répression au Chili

La police chilienne a menacé la chanteuse Mon Laferte de poursuites judiciaires pour avoir dénoncé la grave répression des manifestations contre le gouvernement de Sebastián Piñera. Par le biais d’une requête qu’elle a elle-même publiée sur son propre réseau social avec le hashtag #OrdenyPatria, les Carabineros ont ‘invité’ l’artiste à « faire une déclaration » pour confirmer et présenter des preuves de ses propos à la presse internationale.

Mon Laferte avait dénoncé le gouvernement lors de la cérémonie des Latin Grammy Awards.

L’intimidation inhabituelle des forces de sécurité se réfère à une déclaration de Laferte au réseau Univision dans laquelle l’artiste fait référence à l’incendie du chemin de fer métropolitain survenu le 18 octobre dernier, lors d’une manifestation.

« Il y a des cas où ce sont la police et l’armée elles-mêmes qui ont mis le feu », a déclaré la chanteuse lors de l’interview. Cette déclaration, également faite par des dizaines de manifestants réprimés ce jour-là, a offensé le sommet de la hiérarchie des Carabineros, une force dénoncée pour commettre des violations des droits humains.

Par une lettre officielle, la police exige que Laferte soit convoquée « dès que possible pour témoigner devant les procureurs » qui enquêtent sur ces événements, afin qu’elle puisse fournir « toutes les informations dont elle dispose pour formuler des accusations aussi graves ».

Lettre officielle

« Ceci est sans préjudice des actions civiles et pénales que l’institution exercera » à l’encontre de Laferte, poursuit le texte diffusé à travers un communiqué officiel.

D’autre part, la police a déclaré qu’elle « rejette catégoriquement les graves accusations » portées par Laferte qui, à la mi-novembre, a posé sur le tapis rouge des Latin Grammy Awards avec le message « Au Chili, ils torturent, violent et tuent », écrit en lettres noires sur son torse.

Source : Pagina 12 / Traduction Venesol