Procès contre Cristina Kirchner : le Frente de Todos en état d’alerte et de mobilisation.

Le péronisme et les partis qui composent le Frente de Todos (FdT) ont annoncé leur soutien à la vice-présidente Cristina Fernández de Kirchner, qui attend le verdict qui sera annoncé demain (le 6 décembre) par la justice fédérale pour l’affaire Vialidad. La dirigeante péroniste a dénoncé dans sa plaidoirie qu’elle se sentait « sans défense » devant le système judiciaire et que le procès fait partie d’une opération de lawfare comme une forme de persécution politique.

Alors que le parti au pouvoir définit la manière dont il manifestera dans les rues pour soutenir Fernández de Kirchner, les opposants de Juntos por el Cambio (JxC) sont intervenus pour défendre les procureurs, y voyant une occasion d’obtenir un avantage politique électoral.

Le FdT est en état d’alerte et de mobilisation face à l’imminence du verdict du Tribunal fédéral n°2. Les militants kirchnéristes s’attendent à un jugement contre la vice-présidente, ils préparent donc déjà la réponse qu’ils donneront une fois que la décision judiciaire sera connue, ce qui sera le cas demain à partir de 9h30, lorsque l’audience commencera. L’Association des travailleurs de l’État de Buenos Aires (ATE) a déjà annoncé qu’elle allait agir. Le secrétaire général du syndicat, Daniel Catalano, a averti que « s’ils touchent à Cristina, nous paralyserons l’État. Les travailleurs ne permettront pas un Lula dans notre pays ». Dans le cas des centrales syndicales et des mouvements sociaux, ainsi que du péronisme de Buenos Aires et des maires, ils attendront un signal des dirigeants pour descendre dans la rue afin de défendre l’ex-présidente.

La vice-présidente et le reste des accusés ne seront pas présents à l’audience car ils suivront la décision judiciaire par vidéoconférence. Les procureurs ont requis douze ans de prison pour Fernández de Kirchner et une interdiction spéciale d’exercer des fonctions publiques. Dès à présent, divers groupements ont appelé à une mobilisation à partir de 9 heures face au Tribunal. Le président du parti FTV-Miles, Luis D’Elía, et le groupe kirchneriste Soberanos, qui comprend l’ancien vice-président Amado Boudou, l’ancien vice-gouverneur de Buenos Aires Gabriel Mariotto et l’ancienne ambassadrice Alicia Castro, se rassembleront sous le slogan « en défense de Cristina, en autodéfense et en défense de la démocratie ». Paco Olveira, un prêtre des bidonvilles, a également rejoint l’appel des Soberanos de CABA avec le slogan « Tous à Comodoro Py ».

« Des personnes provenant d’horizons idéologiques différents partagent la même réflexion que le dossier n’a été étayé par aucune preuve accusatoire », a déclaré hier l’avocat de la présidente, Juan Manuel Ubeira, en faisant référence au jugement et à la demande d’acquittement pour inexistence d’un crime dont elle était accusée avec douze autres fonctionnaires. Lors de sa dernière intervention dans le procès, la dirigeante a pointé du doigt le tribunal, déclarant que « lorsque j’ai parlé de lawfare, j’étais très généreuse, si j’ai dit que c’était le tribunal du lawfare, après tout ce que j’ai dû vivre, ce tribunal est un peloton d’exécution ». Ces derniers jours, Mme Fernández de Kirchner a reçu un large soutien du président Alberto Fernández et de plusieurs ministres, qui ont tous exprimé leur inquiétude face à la persécution judiciaire dont elle est victime depuis la fin de son mandat en 2015.

Alors que l’opposition JxC a défendu bec et ongles les actions des procureurs et des juges, elle tentera de resserrer les rangs avec la réponse qu’elle donnera après le jugement et ainsi apaiser ses conflits internes sur les candidatures pour les prochaines élections.

Source : Pagina|12